Retour en arrière et bond en avant

28 septembre 2015

Par Sébastien Lord-Émard

Suite à mon dernier billet de blogue, où je me présentais rapidement en parlant d’autre chose, j’ai eu envie de continuer un peu de me dévoiler, ou plutôt de dévoiler les étranges coïncidences qui peuvent arriver parfois dans la vie, et qui mènent là où on ne s’y attend pas toujours, c’est-à-dire dans le merveilleux et complexe monde de l’édition de livres ! Depuis deux ans maintenant, j’ai la chance de travailler pour la seule maison d’édition francophone hors-Québec entièrement (mais pas uniquement) consacrée à la littérature jeunesse. Catherine, ma collègue qui a créé ce blogue, vous a succinctement raconté comment la boîte est née des efforts extraordinaires déployés par sa fondatrice, Marguerite Maillet, qui est venue nous visiter au début de l’été. Tout a commencé en 1996…

Mais pour moi, tout a commencé en rencontrant par hasard : un livre. C’était en 2009. J’étais avec un ami dans une librairie de Montréal (où j’ai fait mes études), spécialisée dans les ouvrages de référence linguistique, l’apprentissage des langues et les voyages. Soudain, parmi les étagères bien garnies, mon ami m’indique un livre portant sur sa couverture un mot familier : Acadie ! C’était un livre «pour enfant»… mais tout simplement exceptionnel. Trilingue (français, anglais et mi’kmaw). Superbement illustré par un véritable artiste. J’ai bien sûr fait l’acquisition du bouquin.
Tout un monde s’ouvrait alors à moi, presque à mon insu !

J’ai toujours eu une admiration particulière pour les Premières Nations, mais je ne prétends pas en connaître beaucoup (malheureusement) à leur sujet. De plus, l’Acadie ayant une place plus que grande dans mon cœur, le nom de la maison d’édition, les lieux auxquels il était fait référence, et le sujet du livre ne pouvaient que me plaire : Bouton d’or Acadie ! La Petitcodiac ! Le maître Glooscap et les légendes autochtones ! Mais c’est lorsque je feuilletai les pages que je restai ébloui par les images… Jamais au grand jamais je n’aurais imaginé qu’à peine un an plus tard je rencontrerais ce peintre renommé avec qui je me liai d’amitié : Raymond Martin. Son style inimitable fait date, dans la mouvance artistique qu’un Yvon Gallant a contribué (entre autres) à faire naître à Moncton.

Les années ont passé, et après m’être installé à Moncton, et avoir travaillé à différents endroits, je me retrouvai soudain à faire un stage en édition chez… Bouton d’or Acadie!

Comment la rivière Petitcodiac devint boueuse, de Serena Sock (conteuse d’Elsipogtog), Marguerite Maillet et Allison Mitcham, illustrations de Raymond Martin, a toujours conservé une place toute spéciale dans mon cœur. Malheureusement, le livre était en rupture de stock. J’écris «était», car après plus d’un an d’attente, le livre est finalement de retour dans l’entrepôt de Bouton d’or, tout pimpant de sa nouvelle page couverture chatoyante ! Joie!!!

W4s_2015

Des livres créés en acadie, imprimés au canada